Marc Moll dévoile les secrets de la camomille minorquine dans le nouveau Quadern de Folklore

Marc Moll dévoile les secrets de la camomille minorquine dans le nouveau Quadern de Folklore

Bep Al·lès/Ciutadella -  Le Col·lectiu Folklòric de Ciutadella a publié un nouveau Quadern de Folklore, le numéro 159. Cette fois, il s’agit d’une étude réalisée par le maître artisan herboriste Marc Moll Marquès sur la camomille minorquine. Le livre a été présenté le 10 mars à Ciutadella, dans la salle d’actes du Casino 17 de Gener. Nous avons parlé avec Marc Moll pour en savoir plus sur ce travail.

Depuis quand travaillez-vous sur la camomille minorquine et qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans vos recherches ?

Depuis six ans, je travaille au niveau technique dans la culture et le conseil liés à la camomille de Minorque sur des exploitations situées à Minorque et à Majorque. Du point de vue ethnobotanique —usages traditionnels, remèdes et produits élaborés à base de camomille— j’y suis lié depuis plus de trente ans, notamment dans le domaine des applications médicinales.

L’une des choses qui m’a le plus surpris est la structure de travail qui existait autrefois à Minorque : de la récolte jusqu’à l’exportation, toute une chaîne de personnes sur l’île y participait de manière saisonnière. Le nombre de personnes impliquées et le complément économique que cela représentait pour de nombreuses familles étaient très importants. Ses applications médicinales l’ont également rendue connue et appréciée dans une grande partie de l’Europe.

Marc Moll dévoile les secrets de la camomille minorquine dans le nouveau Quadern de Folklore

Quelles sont les principales vertus de la camomille minorquine et ses différences par rapport à celle d’autres régions ?

La camomille minorquine se distingue par ses propriétés antiparasitaires et antifongiques. Elle aide également à détendre le système nerveux, à réduire la tension artérielle, à réguler le sucre dans le sang, à améliorer la digestion et à réguler les menstruations.

Comparée à la camomille d’autres régions, elle présente une intensité et une concentration plus élevées en principes actifs, ce qui lui confère une personnalité propre tant dans son goût que dans ses effets.

La camomille cultivée possède-t-elle les mêmes propriétés que la camomille sauvage ?

La camomille sauvage est généralement plus active et plus amère, surtout lorsqu’elle pousse près de la mer dans des conditions plus extrêmes. La camomille cultivée, en revanche, si elle pousse dans des terres plus intérieures et irriguées, a un goût plus doux. Cependant, avec une bonne gestion agronomique, on peut maintenir des propriétés très similaires.

Quels dangers peuvent affecter la camomille sauvage traditionnelle ?

L’un des principaux dangers est la Xylella, une maladie qui peut arriver par l’intermédiaire de plantes ornementales ou de jardin et qui pourrait affecter gravement les populations sauvages. Un autre problème est la récolte irresponsable de personnes qui arrachent la plante entière pour prendre la fleur au lieu de la couper correctement.

Pensez-vous que la promotion de la camomille minorquine puisse mettre en danger sa survie dans la nature ?

Non. Aujourd’hui, plus de 90 % de la production vendue et consommée provient de cultures. Le travail réalisé vise à la valoriser et à faire connaître ce produit traditionnel sous une perspective plus durable et contrôlée.

Marc Moll dévoile les secrets de la camomille minorquine dans le nouveau Quadern de Folklore

Quelles tâches traditionnelles liées à la camomille restent encore en vigueur aujourd’hui, cent ans plus tard ?

Presque toutes les phases du processus sont maintenues, bien qu’elles soient plus mécanisées. Au lieu de récolter avec une faucille, on utilise aujourd’hui des débroussailleuses ; elle est séchée à l’ombre comme autrefois, puis les fleurs sèches sont coupées à la machine, alors qu’autrefois cela se faisait à la main. Malgré la mécanisation, il s’agit toujours d’un processus laborieux et en grande partie manuel, ce qui explique son coût élevé en raison de la main-d’œuvre nécessaire.

Conseilleriez-vous de préparer de la camomille à partir de plantes cultivées dans un rond-point ?

Je ne le conseillerais pas, car les plantes des ronds-points peuvent accumuler des toxines provenant des gaz d’échappement des voitures, ce qui n’est pas sain pour la consommation.

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Pensez-vous que la production de camomille minorquine puisse encore se développer ?

Oui, elle peut et elle doit se développer. Si nous savons la valoriser et la promouvoir comme produit traditionnel, elle pourra retrouver la place qui lui revient. De plus, une grande partie des cultures actuelles est déjà biologique, ce qui augmente sa valeur et son intérêt sur le marché actuel.

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