Saint Christophe, Évolution Gastronomique

Saint Christophe, Évolution Gastronomique

Le 10 juillet, jour de la Saint Christophe, était le jour où, dans l'Antiquité, on commençait à prendre des bains de mer. C'était aussi le jour choisi pour apprendre à nager aux plus petits, car la croyance populaire voulait que ce jour-là, le saint interdise la noyade.

Josep Pons Lluch, dans un article publié dans El Iris le 9 juillet 1949, il y a 76 ans, rappelait que « selon la tradition, plus que pour nager, on allait au bord de la mer ce jour-là pour se baigner ou se laver les pieds. » Aujourd'hui, suivant cette coutume, on se rend au bord de la mer non pas pour déguster cette greixera de pommes de terre – rares sont ceux qui conservent cette tradition ancestrale – mais pour déguster des cocas et des graseras, des douceurs qui donnent lieu à de véritables festins.

C'est ici, en termes de gastronomie, que Pons Lluch nous donne un indice et souligne la différence entre une greixera de pommes de terre et une greixera de pommes de terre, ce qui est très intéressant.

Bep Padet, dans une note, nous apprend que l'ancienne greixera de pommes de terre, qui, il y a 76 ans, était déjà en voie de disparition comme mets délicat du 10 juillet, était préparée avec du sofrito. Tandis que la greixera de pommes de terre, elle aussi en voie de disparition et de plus en plus répandue, La patate douce, c'est quand elle est sucrée.

Cette greixera de pommes de terre dont nous parle Pons Lluch serait-elle ce que nous connaissons aujourd'hui comme un plat d'été ? Ce bol ou marmite de pommes de terre avec des oignons, du Levante (certains avec des poivrons) et des tomates, cuits au four ? Cette greixera de pommes de terre faisait-elle alors partie des mets principaux du goûter de la Saint-Christophe il y a plus de 75 ans ?

Aujourd'hui, le goûter de la Saint-Christophe, qu'il soit servi en bord de mer ou dans des chalets, a retrouvé une nouvelle jeunesse. On y déguste des cocas sucrées et salées, mais pas de greixeras de pommes de terre ou de patates douces. On y cuisine des courgettes et des aubergines farcies, qui semblent faire partie de cette journée depuis toujours, et comme on peut le constater, il y a un peu plus de 75 ans, on n'en parlait même pas, ce qui témoigne de l'évolution constante de la gastronomie, même la plus populaire et/ou festive.

Voici la gastronomie de Sant Cristóbal dans la partie Ponente, tandis que dans Dans la partie Levantine, les plats principaux sont, ou du moins étaient, des escargots cuits et des côtes levées au four avec des pommes de terre, ainsi que des cocas sucrées et salées.

Comme on peut le constater, il existe des différences gastronomiques entre les deux parties de l'île, entre Levante et Poniente, et comment, en 75 ans, certains plats ont évolué, disparu, et d'autres ont été introduits sans que personne ne les mentionne, comme les aubergines et courgettes farcies à la minorquine.

À l'approche de la Sant Cristóbal, il serait peut-être bon de faire revivre l'ancienne coutume des greixeres (pommes de terre frites), ainsi que des cocas préparées avec des produits de saison, comme ceux de l'estivada (pâtisserie de saison) : tomates, poivrons, sofrito (pommes de terre frites)… pour les salées, et avec des fruits de saison, comme ces dernières : cerises, premières prunes, pêches et nectarines.

Il s'agit avant tout d'un clin d'œil à la gastronomie. trésors d’un passé plus que récent, et les récupérer pour nos propres mémoires culinaires et celles des générations futures qui doivent nous suivre.

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