Coutumes paysannes du mois de décembre 

Coutumes paysannes du mois de décembre 

Les fêtes de Noël se célébraient — et se célèbrent encore — avec beaucoup de solennité dans le milieu paysan de Minorque. Autrefois, les paysans descendaient le samedi en fin d’après-midi depuis leurs llocs (domaines) ; ils allaient à la messe de minuit, puis rentraient chez eux ou restaient passer la nuit à l’auberge du village. 

Le matin de Noël, on faisait le repas au domaine et, si pauvre qu’il fût, le bouillon de Noël ne manquait jamais. On faisait des coques, on tuait un poulet ou un chapon, et les plus aisés un dindon ou une dinde, même si, dans beaucoup d’endroits, on préparait plutôt de l’agneau au four ou un porcelet. On ne manquait pas non plus de turrón, de neules, d’amandes grillées, d’amargos, de petits anneaux sucrés et de pasta reial (pâte d’amande), selon la fortune de chacun. 

Le soir de Noël, on en profitait pour descendre au village rendre visite à la famille et aller voir les crèches, aussi bien celles des maisons particulières que celles des églises et des couvents. 

Les enfants chantaient des chansons et des cantiques dans les rues. Après le repas de Noël, on donnait les diners d’anous(étrennes, littéralement « argent des noix ») ; les plus jeunes en recevaient aussi chez les proches qu’on visitait, comme les grands-parents. On ne manquait pas non plus de rendre visite à la maison du propriétaire du domaine. 

Ceux qui restaient au domaine se réunissaient — parfois avec des gens des domaines voisins — chez l’un d’eux, pour une petite veillée où ne manquaient ni sérénades, ni chants accompagnés à la guitare, ni quelque danse paysanne.

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