Foodies on Menorca
Minorque maintient son volume de visiteurs et sept entreprises touristiques sur dix égalent ou améliorent leurs résultats, mais les bars, cafés et restaurants restent une nouvelle fois à l’écart de cette évolution positive
La saison touristique avance de manière stable à Minorque, mais cette embellie relative ne se ressent pas de la même façon aux tables des restaurants. Les données du mois de juillet fournies par PIME Menorca placent une nouvelle fois la restauration parmi les secteurs les plus touchés par la modération des dépenses des visiteurs.
44,83 % des cafés, bars et restaurants déclarent avoir réalisé un chiffre d’affaires inférieur à celui de juillet 2025, tandis que seuls 20,69 % améliorent leurs résultats. Une évolution qui contraste avec l’ensemble de l’activité touristique minorquine : 33,33 % des entreprises augmentent leur chiffre d’affaires, 38,95 % le maintiennent et 27,72 % enregistrent une baisse. Autrement dit, sept entreprises touristiques sur dix maintiennent ou améliorent leurs résultats.
La restauration continue donc d’évoluer à un rythme différent.
Et le phénomène ne concerne pas uniquement le mois de juillet. En mai, 38 % des établissements de restauration déclaraient déjà une baisse de leur chiffre d’affaires, contre seulement 24 % qui amélioraient leurs résultats. En juin, la situation s’est encore détériorée : 44,64 % réalisaient un chiffre d’affaires inférieur à celui de l’année précédente, tandis que seuls 19,64 % étaient en progression.
Ces chiffres dessinent ainsi une tendance qui se maintient durant les trois premiers mois de la saison.
Le problème ne semble pas tant résider dans le nombre de touristes que dans la manière dont ils dépensent leur argent une fois à Minorque. L’aéroport a enregistré 623 099 passagers en juin, soit 1,2 % de plus que l’année précédente. Le nombre de passagers internationaux a progressé de 3,6 %, tandis que celui des liaisons nationales a diminué de 2 %.
Or, le marché national a traditionnellement constitué une clientèle particulièrement importante pour la restauration minorquine.
Les restaurateurs alertaient déjà en juin sur une évolution des habitudes de consommation. Antoni Sansaloni, président de l’Association des cafés, bars et restaurants de PIME Menorca, expliquait que les familles qui auparavant déjeunaient ou dînaient trois ou quatre fois au restaurant pendant leurs vacances ne le font désormais plus qu’une ou deux fois. Il constatait également une attention accrue portée aux prix des cartes, davantage de plats partagés et une baisse des dépenses familiales par convive.
Ce diagnostic coïncide avec ce qui est observé dans l’ensemble des îles Baléares : les visiteurs maintiennent leurs vacances, mais la hausse du coût des transports et de l’hébergement réduit le budget disponible pour les restaurants, les excursions et les commerces. Dans la restauration, on constate à la fois une diminution du ticket moyen et une baisse de la fréquence à laquelle les touristes mangent à l’extérieur.
À cette diminution du pouvoir de dépense s’ajoute la pression des coûts supportés par les restaurants eux-mêmes. Dès le début de la saison, le secteur avertissait que la hausse du prix des produits et des charges d’exploitation réduisait les marges, alors même que les clients limitaient leur consommation.
Les températures élevées du mois de juillet, qui selon les professionnels réduisent particulièrement l’activité durant les heures de midi, compliquent encore davantage la situation.
La saison 2026 remet ainsi sur la table une question qui va bien au-delà du simple comptage des arrivées : quelle richesse chaque visiteur laisse-t-il réellement à Minorque et quelle part de ces dépenses bénéficie à la restauration et aux produits locaux ? Pour une île qui a fait de la gastronomie l’un de ses principaux arguments en matière de qualité et d’identité touristique, cet indicateur sera l’un de ceux qu’il faudra suivre avec le plus d’attention durant le reste de l’été.
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